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Trekking urbain en sous sol près de Tokyo


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Une véritable cathédrale de pierre!

Si vous cherchez des idées pour vos futurs voyages au Japon voici une sortie qui vous permettra d’échapper à la chaleur de l’été.

En dehors de Tokyo dans la préfecture de Saitama (à Kasukabe) se trouve une construction en sous sol le Ryukyukan, Showa drainage pump station, une sorte de réservoir conçu pour éviter les inondations à Tokyo en redirigeant les eaux de la rivière Edogawa. Ce projet de 2 milliards de dollars, sorte de temple souterrain dont les travaux ont duré de 1992 à 2009 est profond de 50 mètres et long de 6,5 kilomètres et on peut le visiter gratuitement (si on a une personne qui parle japonais dans le groupe)! Des visites gratuites sont en effet organisées et s’il faut quelqu’un qui parle japonais dans le groupe c’est qu’en cas de crue rapide il faut que vous puissiez suivre les instructions « any people or groups that do not understand Japanese cannot participate in the tour for security reasons »

A emporter: des chaussures de marche ou des bottes car lors de la saison des pluies le sol est très humide. Je rajouterais aussi un blouson bien sûr car il doit faire bien frais là dedans.

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Comment y aller?/ Comment réserver

-Visiblement il vaut mieux réserver au moins une semaine à l’avance et reconfirmer car c’est une visite groupée.

Réservez ici (site en anglais): http://www.ktr.mlit.go.jp/edogawa/gaikaku/english/

-Depuis Tokyo il vous faut aller à la station Minami-Sakurai qui est sur la Tobu Oda Line, vous pouvez changer depuis la Sobu line, la Chuo sobu line ou encore la ligne de Tohoku shinkansen ou la Tobu skytree line.

Depuis la gare il vous faudra marcher 40 minutes ou  payer à peu près 1000 yen pour un taxi (7mn)

L’adresse (à donner au taxi c’est mieux) : 720 Kamikanasaki, Kasukabe City, Saitama 344-0111

Tel: 048-747-0281

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source: http://www.savvytokyo.com/underground-trekking-in-saitama/

La femme n’a pas sa place dans l’espace public? Excellent article du Monde


Un excellent article du journal Le Monde sur la (non) place des femmes dans l’espace public: la rue fief des mâles! Par Fanny Arlandis.

Quand on y réfléchit ça fait peur mais c’est très éclairant. Je mettrais un petit bémol sur les femmes qui ne stationnent pas dans l’espace public parceque des gamines qui bavardent sur les pas de porte j’en vois plein, sinon je suis tout à fait d’accord.

La partie sur les équipements de la ville majoritairement dédiée aux hommes, au manque de toilettes lors des grande réunions c’est très éclairant aussi (j’ajouterais que les toilettes c’est un endroit où il faut ABSOLUMENT une égalité homme/femme du coup on a 1 espace chacun SAUF que les filles vont beaucoup plus aux toilettes et y restent plus longtemps [on se lave les mains nous ^^] donc on fait plus longtemps la queue).

Pour avoir passé les concours de la fonction publique je peux vous dire que quand on a une pause c’est flagrant, on utilise TOUTE LA PAUSE uniquement à faire la queue pour entrer dans les toilettes alors que les mecs font leur affaire et ont le temps de se prendre un petit café !!!! Elle est où l’égalité?

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/04/la-rue-fief-des-males_1770418_3246.html

Sur le trottoir ou dans le métro, on croise des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes. A première vue, l’espace public est mixte. A première vue seulement. Car l’espace urbain demeure un espace où les déséquilibres entre les deux sexes restent profonds. De jour, ça se voit peu. Et pourtant l’Insee a montré que les femmes se déplacent bien plus que les hommes, et elles le font à pied quand les hommes roulent en voiture.

Surtout, contrairement à ces derniers, « les femmes ne font que traverser l’espace urbain, elles ne stationnent pas », explique le géographe Yves Raibaud, coproducteur d’un rapport, en 2011, commandé par la communauté urbaine de Bordeaux. « On constate que les femmes traînent moins souvent dans la rue sans avoir  quelque chose de précis à y faire et se déplacent rapidement d’un endroit à un autre », confirme Patricia Perennes, d’Osez le féminisme.

Aller vite pour éviter les ennuis… Car une femme seule est trois fois plus abordée dans la rue qu’un homme. Parfois sympathiques, ces rencontres peuvent s’avérer désagréables et provoquer un sentiment d’insécurité.

« RAPPELS À L’ORDRE SEXUÉS »

Sifflées, collées, insultées, autant de situations que vivent les femmes dans la rue. On en a un bon exemple avec l’étudiante belge Sofie Peeters, qui a tourné, cet été à Bruxelles, un film en caméra cachée qui montre qu’elle est la cible de remarques machistes ou insultantes

(voir la vidéo sur le site du journal)

Pour la sociologue Marylène Lieber, professeur à l’Institut des études sur le genre, à Genève, les femmes subissent des « rappels à l’ordre sexués, des petits actes qui n’ont rien de grave mais qui leur rappellent sans cesse qu’elles sont des « proies » potentielles dans l’espace public : commentaires, regards soutenus, etc. ».

Les parents en tirent des conséquences en disant très tôt à leurs filles comment se comporter et s’habiller. « Toute la journée, on t’explique ce que tu dois être en tant que femme, les télévisions et les journaux font de même, et tu finis par ne plus te définir en tant qu’être humain », explique l’urbaniste Louise Montout. Jusqu’à la puberté, on demande aux filles davantage de déplacements que les garçons, car on les considère plus dégourdies. Mais après, le viol devient la peur structurante des femmes en milieu urbain, alors que la ville est bien plus le lieu des incivilités que des agressions physiques.

En 2011, selon l’Insee, 1,9 % des femmes ont déclaré avoir subi une agression physique, alors que 10 % subissent des violences conjugales. Pourtant, et même si la révolution sexuelle a atténué les choses, la représentation sociale fait du foyer le havre de paix et, de l’extérieur, un espace dangereux. Allons plus loin : une femme seule, dans un parc, la nuit ? C’est une prostituée, pense-t-on souvent. Et le jour ? Une mère de famille.

DANS LE MÉTRO LE SOIR, 2 FEMMES POUR 8 HOMMES

Le métro, le soir, est fréquenté en moyenne par deux femmes pour huit hommes. Les parents ont autant peur du métro la nuit pour leurs filles (leur imposant le taxi) que les filles elles-mêmes, y compris majeures. Ces dernières mettent en place des stratégies pour réduire le danger : porter un pantalon maquillage sobre, se déplacer en groupe, se rapprocher d’autres filles isolées, avoir un baladeur sur les oreilles en fuyant tout regard.

Ces stratagèmes entraînent une réduction des libertés. « Les filles sont confrontées à une tension entre les attentes placées dans les sorties festives, souvent associées à un habillement plus sexualisé, et un contrôle des parents plus marqué que pour les garçons », constate Clément Rivière, doctorant à l’Observatoire sociologique du changement (Sciences Po). Ainsi, des normes s’imposent, parfaitement intégrées, invisibles et intériorisées.

Les décideurs de la ville ne font rien pour réduire ce fossé entre garçons et filles. Ils font même le contraire. Ainsi, 85 % du budget des équipements programmés dans les zones prioritaires vont aux garçons. Pour « canaliser la violence », dit-on. Les skate-parks poussent comme des champignons un peu partout, alors qu’il n’existe presque rien pour les adolescentes. Dans la revue Traits urbains, en mai, Yves Raibaud prend l’exemple de la construction de stades de football, investis presque uniquement par des hommes : « Imaginez un équipement public pour 43 000 femmes ! »

=> C’est vrai ça surtout en banlieue il faut canaliser l’agressivité des garçons et du coup on ne prête pas autant d’attention aux filles

Les gestionnaires des politiques publiques, les urbanistes notamment, sont en grande majorité des hommes et agissent en fonction des idées qu’ils ont des femmes. Est-ce pour des raisons économiques, voire écologiques, ou parce qu’ils imaginent les femmes au foyer le soir, que 5 000 communes de France ont récemment décidé d’éteindre l’éclairage public entre minuit et 5 heures du matin ? Pourquoi nombre de lieux festifs et nocturnes sont-ils construits sans toilettes ? Parce que la nuit est un espace jugé masculin. D’un autre côté, les décideurs et urbanistes n’oublient pas les couloirs à poussettes, ni d’installer des crèches à côté des lieux de travail majoritairement féminins. « Les urbanistes vont répondre que, lors des réunions, on leur demande ces couloirs à poussettes ! », rétorque Louise Montout.

« LA VILLE APPARTIENT AUX HOMMES »

Tout le monde est d’accord : la ville est pensée par et pour l’homme, « elle appartient aux hommes « , affirme même Yves Raibaud. Les sociologues diront qu’elle est « androcentrée » – elle place au centre l’homme. Le dogme est si ancré que nous avons du mal à le remettre en question. Pire, nous l’entretenons tous. Car l’espace n’est pas interdit aux femmes, ce sont elles qui s’interdisent l’accès à une rue, un bar, un lieu de fête… Les interdits sont tels, montre l’étude de Bordeaux, que les lieux qu’elles trouvent répulsifs sont les plus nombreux.

En fait, les femmes érigeraient ce que le géographe Guy Di Méo appelle des « murs invisibles » dans l’espace urbain. Ces barrières sont inconscientes. Elles varient d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre en fonction des émotions. Elles sont le fruit de facteurs comme l’âge, le niveau socio-économique, la situation personnelle ou l’environnement culturel. Et pourtant la peur touche l’adolescente comme la maman et sa poussette. « Il suffit d’un viol médiatisé pour que toutes les femmes aient peur », dit Marylène Lieber.

(…)

DES MARCHES EXPLORATOIRES LA NUIT À PARIS

La mairie de Paris mène des actions pour rendre plus visibles les femmes dans l’espace urbain. Des marches exploratoires ont lieu la nuit (des femmes se promènent en ville pour réfléchir à ce qui exacerbe leur sentiment d’insécurité) et neuf stations de tram porteront des noms de femmes. « Quand nous sommes arrivées à la mairie, seuls 3 % ou 4 % des équipements parisiens et des rues étaient dédiés aux femmes célèbres ; on est a plus de 13 % maintenant « , se réjouit Fatima Lalem, adjointe au maire chargée de l’égalité hommes-femmes.

La partie sur la mise en place de rames destinées aux femmes me semble au contraire renforcer ce sentiment d’avoir besoin de mettre des femmes en cage. On n’a pas besoin d’être mises sous verre mais juste d’avoir le même accès que les hommes aux espaces public. Je trouve que c’est une fausse bonne solution. Ca renforcerait même l’idée que les femmes ne doivent pas se mélanger aux hommes (on n’est pas en Egypte on a une tradition française d’égalité homme/femme).

Ces réponses sont incertaines tant les collectivités s’attaquent plutôt aux violences domestiques. Aussi, Marylène Lieber invite les femmes au sport de combat. Clément Rivière, lui, prône la « sensibilisation des parents » aux inégalités. Et des urbanistes repensent l’espace public : « Ne pas viser les femmes ou les jeunes, mais faire de l’intergénérationnel », estime Nicolas Michelin. Reste que les femmes passant plus de temps « dehors » savent mieux se défendre face aux incivilités. Savoir répondre, avoir une grande gueule, faire le poids face à l’agression, ça ne s’improvise pas…

Fanny Arlandis

Bibliographie

« LES MURS INVISIBLES  FEMMES, GENRE  ET GÉOGRAPHIE SOCIALE » de Guy Di Méo (Armand Colin, 2011). »GENRE, VIOLENCES ET ESPACES PUBLICS. LA VULNÉRABILITÉ DES FEMMES EN QUESTION » »L’USAGE DE LA VILLE PAR LE GENRE : LES FEMMES »

commandé en 2011 par la communauté urbaine de Bordeaux : http://www.aurba.org