Archives du mot-clé société

Es-tu un keitai zombie?


Une nouvelle (en tout cas pour moi) expression liée au Japon celle de keitai zombie (de « keitai » téléphone portable), ces jeunes adultes tellement absorbés par leur écran qu’ils vous rentrent dedans. Nous aussi on commence à en voir pas mal en France.

keitai zombie

L’Ikigai, ou l’optimisme à la japonaise.


Je ne connaissais pas ce concept mais j’adore; trouver son chemin de vie c’est quelque chose qu’on peut faire à n’importe quel âge! Trouver ce qui nous définit dans la vie, quelle place on veut avoir dans la société c’est une réflexion qui nous fait du bien, en dehors des paillettes et des idées véhiculées  par les média ou la télé (marie toi, fais des enfants, pourquoi t’es pas marié(e), comment avoir du fric… ce genre de chose).

 

L'Optimiste

772716Ikigai

Certains prennent la vie comme elle vient sans se poser de questions, d’autres considèrent à l’inverse qu’ils ont un but à atteindre, une destinée à accomplir. Au Japon on nomme cela « l’Ikigai ». Il n’existe pas de terme pouvant retranscrire précisément ce concept dans une langue étrangère mais il est possible de le traduire grossièrement par « ce qui nous pousse à avancer dans la vie ».

Chaque Japonais est invité à trouver son propre ikigai au cours de sa vie. Il ne peut toutefois être atteint qu’après une longue méditation et un profond questionnement sur soi-même. Les traits de la personnalité, les facultés mentales et les affinités permettent d’orienter l’individu vers le type d’ikigai qu’il possède. Il est important de réfléchir longtemps à la question, car l’Ikigai est ce vers quoi la personne tendra tout au long de sa vie, la plupart de ses actes seront pensés comme conformes ou non…

Voir l’article original 340 mots de plus

Freeters et Neets au Japon


 フリーター Freeter : terme japonais mélange de l’anglais « free time » et de アルバイ « arubaito » travail à temps partiel (de l’allemand  « frei Arbeiter » (travailleur libre) est un terme apparu dans la seconde moitié des années 80. Il désigne les personnes âgées de 15 à 34 ans employées à temps partiel ou sans emploi, à l’exception des femmes au foyer et des étudiants. Dans les média on lie souvent ces personnes aux dokushin parasites ces « célibataires parasites » qui vivent chez leurs parents parce qu’ils exercent un emploi mal rémunéré et qu’ils ne peuvent payer leur propre appartement ce qui leur permet de dépenser la plupart de leurs revenus en voyage ou produits de marques mais comme le montre le reportage les freeters sont souvent des gens sans diplômes qui cumulent plusieurs emplois (la 1ère intervenante avait à un moment 3 emplois) et qui se demandent comment ils vont « évoluer dans leur pauvreté ».

NEET, qui signifie Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), est une classification sociale d’une certaine catégorie de personne inactive. Elle concerne principalement des adolescents introvertis qui ne sont pas insérés dans le système éducatif, mais aussi des adultes coupés de toute vie sociale, et renfermés sur eux-mêmes. Les freeters et les neets représentent l’autre face de la société japonaise qu’on dit obsédée par le travail. (merci wikipédia pour la def).

Un reportage très intéressant de Arte Thema passé sur LCP. Dans une société japonaise très compétitive les freeters sont vu(e)s comme des perdant(e)s ou, comme le dit un intervenant, des « esclaves ». N’appartenant pas à une entreprise c’est difficile pour elles/eux de se sentir exister au Japon. Ils/Elles ont tendance à se refermer sur eux et les suicides sont nombreux mais comme le reportage le montre certain(e)s s’organisent pour défendre les intérimaires notamment lorsque les patrons ne paient pas les salaires comme pour les hôtesses de club. Le mécontentement contre la société n’est pas extériorisé au Japon.

Le fossé entre la génération des aînés et celle des jeunes précaires va-t-il encore se creuser?

les intervenants: quand j’ai trouvé des liens à leur nom ou des infos je l’ai indiqué!

Eriko Fuse:

Shoei Kawasaki: les réfugiés des cyber cafés

Makoto Yuwasa:

Shunsuke Sugita de l’association Freeters free dont voici le site (en japonais) http://www.freetersfree.org/

http://www.socwork.net/sws/article/view/200/485

Hiroki Iwabushi: Intérimaire en détresse.

Karin Amamiya:

Le bateau usine de Takiji Kobayashi: http://www.toutpourlesfemmes.com/conseil/Le-Bateau-Usine-de-Kobayashi.html

http://www.mcjp.fr/francais/cinema/le-bateau-usine-de-takiji-107/le-bateau-usine-de-takiji

 Akagi Tomohiro : War is the Only Solution http://japanfocus.org/-Akagi-Tomohiro/2452

Kohji Tsukino: poète

Ajime Matsumoto: le site La Fronde des Amateurs /Amateur Revolt/ Shiroto no Ran http://keita.trio4.nobody.jp/index_com.html (en anglais)

 

Le nail art … pour hommes


Je pense que tout le monde connait le nail art maintenant. Les sites et blogs dédiés à cette décoration des ongles poussent comme des champignons et dans les commentaires on trouve, bien sûr, exclusivement des filles. Quid du nail art pour hommes? C’est vers le Japon qu’il faut se tourner pour trouver des hommes qui demandent eux aussi à avoir leurs ongles peints, vernis voire décorés.

nail

Des geeks ? des étudiants un peu bizarres? Vous auriez tort de penser ça ! En effet, comme l’explique l’article de Japan Today, on trouve de nombreux businessmen qui se font vernir les ongles. L’article rappelle que les ninja de la période Heian peignaient déjà l’auriculaire de leur main gauche) aux couleurs de leur clan avec une mixture de bouse de vache et de sang de différents insectes ce qui permettait de repérer un espion ou un fugitif donc au Japon ce n’est pas totalement nouveau.

Sans être des ninja certain businessmen tentent de se différencier des autres (tous en costume cravate ça commence à bien faire) et l’un d’entre eux rappelle que les étrangers ont souvent du mal à faire la différence entre les japonais, donc une main peinte en vers et l’autre en doré ça va bien les aider à se souvenir de vous (^^)

Surtout que suivant la tradition des ninjas certains employés demandent à avoir le logo de leur entreprise sur leurs ongles. Selon un des japonais interviewé par le journaliste cela lui a même permis de sortir du lot lorsque son patron l’a repéré à la cafétéria. Le patron, impressionné par ce qu’il considérait un sacrifice pour l’entreprise, lui a même accordé une promotion!

nil2

On parle bien de nail art et pas juste d’une petite couche de couleur hein? On trouve donc des paillettes, des gemmes de couleur à coller sur les ongles… tout ça dans le secret le plus absolu. Ce qui est secret ce n’est pas vos ongles bien sûr puisque tout le monde peut les voir mais l’endroit où vous vous faites faire ces petites merveilles. Certains lieux sont en fait plus des « salons de massages » des « chikane » de chika 地下 (en dessous comme dans chikatetsu le métro) et neiru ネイル (de nail, ongle) et comme dans les bars certains managers y laissent leur flacon de vernis à usage exclusif.

Bizarrement le fait d’avoir les ongles faits, vernis et même très colorés semble aider à la promotion au sein de l’entreprise …. au moins au Japon parce que je ne suis pas sûre que les entreprises françaises aient l’esprit aussi ouvert.

 

L’article de Rocket News est aussi très drôle:

“Some day soon we’ll see Bill Gates and Mark Zuckerberg sporting a fine set of business nails”

haha!

 

http://www.japantoday.com/category/lifestyle/view/business-nail-the-latest-trend-among-young-japanese-businessmen-looking-to-get-ahead

Louer des amis: la réponse japonaise à la solitude.


Au Japon on peut louer un ami si l’on manque de confiance en soi ou si on se sent seul… après le cuddle café qui permet de payer pour s’allonger à côté d’une jeune femme ou de la regarder dans les yeux voici un autre exemple du sentiment de solitude qui envahit certains japonais.

“Fewer and fewer students participate in the activities organised by the clubs and societies,” says Sohei Ide, from Osaka University, an expert on issues relating to isolation and author of an investigation about student’s social attendance and participation. “If they fail to make contacts during their early days on campus, they will remain permanently isolated.”

« de moins en moins d’étudiants participent aux activités organisées par les clubs. S’il échouent à établir des contacts au début de leur séjour sur le campus ils resteront isolés de façon permanente » source http://www.tokyotimes.com/2014/japanese-people-answer-loneliness-friends-rent/

L’article explique que de nombreuses entreprises se sont lancées sur ce marché comme Client Partners. Le prix ? Y2,980/ heure, la 1ère heure est payée le double ce qui inclut les coûts de transport. 

Dans une société qui permet aux jeunes adultes de vivre complètement séparés des autres, certains se sentent seuls même au milieu de la foule et trouvent qu’établir une relation avec une autre personne est un réel effort. Il est donc devenu logique de louer un « ami » qui sera là pour prendre une photo de vous lors d’un cosplay ou vous accompagnera lors d’une balade voir en boite. L’article de Kotaku cite même un japonais ayant payé 30,000¥ pour louer les services de deux demoiselle afin de l’accompagner en boite. Une grosse somme pour lui mais une très bonne soirée.

Vous pensez sûrement que cela va plus loin mais non, ces société ne fournissent pas des services sexuels.

Le site officiel de Client Partners est ici: http://www.clientpartners.jp/

sources: http://www.worldcrunch.com/culture-society/rent-a-friend-a-solution-for-the-lonely-people-of-japan/japan-tokyo-loneliness-rental-friends-friends-agency-isolation-technology/c3s14696/#.Utgw-vvRx_Z

Hafu: Telling the story of Japan’s mixed-race minority and changing attitudes in society【Q&A】


Comme d’habitude RocketNews a des infos intéressantes ici sur les « ha-fu » les enfants puis adultes dont un des parents n’est pas japonais. Comme la société japonaise se voit comme très homogène le fait pour quelqu’un qui n’est visiblement pas japonais de parler japonais couramment peut être mal perçu par exemple. Pour ces gens qui se voient comme japonais ça peut être douloureux de devoir toujours se justifier ou s’expliquer.

T’as un nouveau tatouage?


L’année dernière une copine s’est fait faire un tatouage dans le cou avec des kanjis. Le problème si vous allez au Japon c’est que le tatouage vous empêche de rentrer dans les bains publics (sento) ou les onsen et même d’appartenir à un club de sport alors entre avoir un tatouage et aller au sento l’été le choix était vite fait, en tout cas pour moi!

Plus de soucis avec ces faux tatouages qui ressemblent un peu aux collants décorés dont j’avais déjà parlé.

Tadaaaaaa

Image

Ca fait très yakuza avec ce motif de carpe non? On peut les trouver ici: http://www.japantrendshop.com/hadaka-tattoo-skin-armbands-koi-carp-p-1868.html Yumiko Kurihara’s  Ca s’appelle les Hada-Ka Tattoo Skin Armbands.

On en trouve aussi à Londres sur le marché de Camden lock dans certains magasins de collants. Le seul soucis c’est que, comme un bas, ils se filent mais pour faire un petit effet c’est assez rigolo. Celui que j’ai est plus coloré parce que je trouve celui ça trop yakuza justement.

Image

Trouver un prénom pour bébé: Pikachu ou Panda ? Les japonais aussi hésitent


Ma prof d’anglais au lycée n’a jamais pu prononcer le prénom du jeune Jéronimo (et comme son nom de famille était encore plus difficile elle était un peu coincée).

Pour les japonais la difficulté est encore plus grande à cause des kanjis, les idéogrammes hérités du chinois qui ont à la fois un sens phonétique et une signification. Les parents japonais peuvent ainsi jouer sur le sens des kanji pour donner à leur bébé un prénom « kira kira » c’est à dire « shiny, sparkly », un prénom qui en jette quoi!

Malheureusement on risque de se moquer assez souvent du petit pikachu, de la petite kitty ou du jeune panda, dont voici la fiche.

Image

J’exagère? J’affabule? Pas selon cet article de Akihabara News qui cite quelques prénoms bien lourds à porter et les kanjis qui vont avec. Dites bonjour à :

光宙 – ぴかちゅう – Pikachu (les kanjis veulent dire lumière/univers)

愛猫 – きてぃ – Kitty (aimable/chat)

今鹿 – なうしか – Naushika (Nausicaa de la vallée du vent. 今 signifie « maintenant » et se prononce Nau )

大熊猫 – ぱんだ – Panda (pour peu qu’il soit un peu enrobé il n’a pas fini de se faire ennuyer lui).

凸 – てとりす – Tetris (Le caractère 凸 ressemble à un bloc de Tetris)

泡姫 – ありえる – Ariel (les kanjis ont le sens de bulle/princesse)

Cela pose des problèmes non seulement à l’école mais également à l’hôpital car les médecins perdent beaucoup de temps à tenter de déchiffrer les noms des patients. Comme le dit le premier ministre Abe les parents devraient faire attention car ils ne sont pas en train de trouver un prénom pour leur animal de compagnie ^^.

http://akihabaranews.com/2013/08/12/article-en/kira-kira-names-shiny-names-kids-chagrin-many-japan-1701127852

La forêt des suicidés: Aokigahara Jukai


On ne peut pas toujours voir la vie à travers les lunettes roses de Hello Kitty et la société japonaise a aussi ses aspects sombres donc ce soir je vous parle de la forêt des suicides.Image

photo ROB GILHOOLY

La forêt de Aokigahara Jukai se trouve dans la préfecture de Yamanashi sur le flanc nord du mont Fuji et a la sinistre réputation d’être un des endroits du Japon les plus connus pour les suicides, depuis le livre de Seicho Matsumoto en 1961. Son roman “Nami no To”, la Tour des Vagues a lancé la mode du suicide dans cette forêt car, au Japon, tout peut se transformer en phénomène de mode et le suicide ne fait pas exception.

Au cours de son histoire le Japon, contrairement à de nombreux pays, n’a pas interdit le suicide à cause de raisons morales ou religieuses, sauf en deux occasions lors de la période Meiji (1868-1912). Au contraire, il a souvent été vu comme une façon honorable d’en finir avec l’existence sur le modèle du « seppuku » des samourai voire même une façon d’assumer ses responsabilités.

Les autorités locales tentent donc de dissuader les gens par divers moyens. des panneaux incitent les gens à penser à leur famille ou à contacter des associations, des patrouilles ont lieu dans la forêt, de même des propriétaires de café alentour n’hésitent pas à aborder les gens qui sont seuls et qui pourraient être venus afin d’en finir afin de les écouter et de les dissuader.


source: http://www.japantimes.co.jp/life/2011/06/26/general/inside-japans-suicide-forest/

Je trouve ça très japonais dans la façon ou le scientifique se pose la question de savoir pourquoi les gens désirent se tuer dans un endroit aussi beau et évoque la relation de l’homme et de la nature.

Je vous réponds tout de suite que je ne suis PAS déprimée hein ^^.

La vraie histoire derrière Wolverine?


Je n’ai pas aimé le film Wolverine, même si je suis une fan, à cause de la vision vraiment  très américaine des japonais. En gros un Yankee sauve un japonais qui finira, bien sûr, par essayer de le tuer des année plus tard parce que les hommes japonais (vus dans le film à travers le prisme américain) sont tous lâches, veules ou ont une fidélité mal placée alors que les femmes japonaises sont là pour tomber amoureuses de Mr Yankee… Bref ça fait un peu peur!

Cependant en lisant cet article japandailypress.com je suis tombée sur une histoire intéressante qui reprend une partie de la trame de Wolverine et qui concerne une famille irlandaise recherchant le soldant japonais qui a donné son sabre à un prisonnier de guerre pendant la seconde guerre mondiale.

Je résume. L’article mentionne une amitié entre un docteur irlandais POW (c’est à dire Prisonier of War prisonnier de guerre). Le docteur de la Royal Air Force capturé en 1942 et prisonnier sur l’île de Java puis au Japon a reçu un sabre de samourai d’un soldat japonais et sa famille recherche maintenant la famille de ce soldat afin de connaître leur histoire.  

Ce sabre est exposé dans le pub de la famille mais la famille n’avait aucune information jusqu’à ce que la fille trouve une photo sur internet, au dos de la photo ce message en japonais qui une fois traduit donne le message suivant:  » à mon ami le docteur MacCarthy à qui je donne cette épée en signe d’amitié ». Le docteur a-t-il sauvé le soldat japonais Kusuno de prisonniers australiens qui voulaient le tuer? La famille cherche plus d’informations. Le docteur, avec presque 200 prisonniers de guerre a également été témoin du bombardement nucléaire de Nagasaki. 

Pour lire l’article en entier (en anglais) c’est ici: http://japandailypress.com/irish-family-on-search-for-truth-behind-samurai-sword-given-at-end-of-wwii-0733466/