Archives du mot-clé racisme

Porter un kimono en n’étant pas japonais(e) est ce du racisme? / Is a gaijin wearing a kimono racist?


Suite à l’article dont j’avais parlé sur les réactions de certains américains d’origine asiatique (mais non japonais) lors de l’exposition de Boston qui proposait aux visiteurs de se faire prendre en photo devant le tableau de Claude Monet -La Japonaise- je suis tombée sur cet article très intéressant du Japan Times.

Je rappelais, qu’au Japon, le port du kimono, et du yukata en été, n’est pas du tout mal vu et au contraire il participe de ce « revival » (de cette remise à la mode) de ce vêtement.

Ce qui m’amuse dans la réaction des gens qui se décrivent comme « asian american » c’est qu’ils tombent dans le piège de la pensée occidentale, car c’est l’occident qui a fait du kimono un accessoire lié à la sensualité alors que toute femme qui a porté un yukata sait qu’avec le obi par dessus et les multiples accessoires (robe de dessous, ceintures pour le fermer, pinces ou large ceinture rigide pour que le obi soit bien à plat) on a une tenue parfaite qui ressemble plus au corset qu’à la danseuse de French cancan. L’image du kimono qui s’ouvre entièrement au moindre souffle de vent pour dévoiler la nudité en prend un coup!

Bref, en voulant dénoncer la pensée orientaliste, ces femmes la soutiennent puisqu’elles dénoncent une sensualité qui ne fait pas partie du simple vêtement qu’est le kimono mais qui est rajoutée par l’oeil occidental. C’est un peu comme si les asiatiques avaient sexualisé le T-shirt -après tout on est également toute nue sous son t-shirt et il se soulève facilement…. Du coup on pourrait reprocher à tout asiatique d’être raciste en portant un T shirt.

« But the reaction to the exhibition from Japan — where the decline in popularity of the kimono as a form of dress is a national concern — was one of puzzlement and sadness. Many Japanese commentators expressed regret that fewer people would get to experience wearing a kimono. »

De plus, elles ne réalisent pas que c’est la mort du kimono !!! En voulant le préserver elles risquent de le tuer. Le kimono n’a cessé de se renouveler en adoptant des formes et des imprimés modernes (tout récemment on montrait des kimono adoptant des motifs africains, est ce que c’est également du racisme? et venant de qui – des japonais qui porteraient ces kimonos ou de la femme noire qui était montrée le portant?). Le but pour les artisans japonais est tout le contraire de ces gens qui ont protesté, ils veulent que le kimono soit porté dans les défilés de mode à l’étranger, qu’on parle du kimono et qu’il soit porté, réadapté car comme ça il sera éternel…. Le limiter au asiatiques pour faire plaisir à une minorité (qui sans doute ne le portent même pas donc n’en achètent pas et ne font pas vivre les gens qui en produisent) c’est le laisser devenir porté par des personnes âgées et puis par plus personne.

[…] Hiromi Asai, a kimono designer who is running a Kickstarter campaign to raise $50,000 by July 31 to hold a show at New York Fashion Week next February to show that the kimono can be a modern form of dress that “is beyond cultural and ethnic boundaries.”

En anglais on dit « walk a mile in my shoes and you’ll understand » ici en portant le kimono on commence à mieux comprendre la pensée japonaise, on s’assoit autrement, on bouge autrement, on s’adapte au pays dans lequel on est. C’est l’inverse du racisme justement. Et certains créateurs japonais veulent faire du kimono un vêtement au delà ces frontières culturelles et ethniques.

Okazaki is also concerned that the industry will suffer if Americans are scared to wear kimono lest they are accused of being racist. “Absolutely no one (interviewed for the book) found Westerners wearing kimonos to be remotely offensive,” Okazaki tells The Japan Times. “(They) all gave me interviews because they wanted people overseas to share this culture.”

Plus royaliste que le roi hein?!!!

source:http://www.japantimes.co.jp/culture/2015/07/18/books/underneath-orientalist-kimono/

Les limites du politiquement correct -expo de Monet à Boston


Le Boston Museum of Fine Arts (MFA) a du annuler une activité qui proposait aux visiteurs de se faire prendre en photo en face d’un tableau de Claude Monet- La Japonaise- vêtu d’un kimono.

claude monet la japonaise racist orientalism protest boston museum of fine arts kimono

Voici la photo qui choque tant certains! Se transformer pour ressembler à la muse de Monet. Le fait que la femme de Monet, Camille, qui lui sert de modèle et n’est (bien sûr) pas japonaise exprimerait une forme de racisme.

Channel your inner Camille #Monet and try on a replica of the kimono she’s wearing in “La Japonaise.” Every Wednesday night June 24-July 29, one of our College Ambassadors will be on hand to assist in transforming you into Monet’s muse. Share your photos using #mfaBoston!

claude monet la japonaise racist orientalism protest boston museum of fine arts kimono

Ces personnes ont interrompu cet événement, leurs pancartes dénoncent le racisme et une « appropriation culturelle » (??) derrière l’orientalisme. Ils passent sûrement à côté de l’ironie du titre, le fait que sa femme portait une perruque blonde afin d’accentuer son côté occidental et le contraste leur passe bien au dessus de la tête.

L’oeuvre s’inscrit dans le mouvement orientaliste ou plus précisément dans le Japonisme, un art influencé par le Japon dans la 2e partie du 19e siècle qui a concerné les impressionistes et des peintres comme Toulouse-Lautrec, van Gogh et Gustav Klimt.

Cela fait plusieurs fois que je lis cet article et je voulais le reblogger car ça m’a beaucoup choqué que des gens veulent annuler cet événement pour des raisons aussi ridicules

Voici quelques réactions:

-“You’re furthering the exotification of Asian individuals by reducing them down to a costume.”

=> qui dit qu’en portant un kimono on réduit les japonais à leur vêtement?

-“This is honestly one of the most vilely racist things I’ve ever seen. White folks wanting to play dress up and feel Japanese? Please, don’t. Japan isn’t your mystical fantasy playground for you to go galavanting around in a dead Frenchman’s orientalist vision of Japan.”

=> « se sentir japonais » en se « déguisant » ? bien sûr porter un kimono peut sembler un déguisement pour certains mais cela ne veut pas dire qu’on ne respecte pas la culture.

Ca m’amuse et m’énerve à la fois car la plupart des gens qui ont protesté n’étaient pas japonais. S’ils allaient au Japon ils verraient que le fait que des gaijins (des étangers) portent des yukata en été est au contraire encouragé non pas en tant que déguisement (rien ne me fera jamais ressembler à une japonaise et en portant en yukata je ne me moque pas de la culture japonaise au contraire je la respecte) mais pour qu’ils découvrent le Japon en étant plus intégré. Il y a même des réductions offertes aux gaijins en yukata.

De plus, cette peinture a été montrée au Japon en 2013 et on proposait également aux gens de porter un kimono sans que cela ait provoqué aucune réaction négative. Des japonais en kimono devant un tableau exprimant le japonisme c’était renverser l’accusation d’appropriation culturelle non?

Doit on empêcher les asiatiques de porter des vêtements « occidentaux » en dénonçant le racisme? Donc ces gens qui protestent devraient ils être seulement habillés avec les vêtements de leur culture d’origine?

Ils comptent également manifester devant la Japan Expo en protestant contre le fait que des gaijins se costument en personnages de manga?

Cela montre vraiment les limites du PC (politically correct) quand on a du temps à perdre pour chercher du racisme partout quand il n’y en a pas.

Et vous, vous en pensez quoi?

http://www.japantrends.com/

Un musée retrace l’histoire des droits de l’homme (et de la femme) à Osaka


Aujourd’hui on va sortir un peu des sentiers battus pour parler d’un musée qui n’est sans doute pas en haut de votre liste de visites à Osaka: le Osaka Human Rights Museum aussi appelé Liberty Osaka.

Il se situe dans le district de Naniwa dans le sud de Osaka.

Avant la restauration de Meiji le Japon était organisé selon un système de castes avec des paria,  les eta (穢多,  littéralement « pleins de souillures ») et les hinin (非人, hinin?, « non-humains »).

On trouve dès l’époque féodale avec les burakumin une communauté de personnes mises à l’écart de la société et condamnées à le demeurer par l’effet d’une ségrégation sociale et spatiale. Les Hinin désignaient les marginaux tels qu’on les trouvaient aussi en Europe: les gens du spectacle, les saltimbanques, les condamnés et les pauvres issus de la population « ordinaire » qui étaient réduits à mendier et à occuper les emplois « sales » : s’occuper des prisonniers, ou devenir bourreaux, croque-morts ou espions. (En France si on ne doit pas poser le pain à l’envers sur la table c’est parceque c’est ainsi qu’on reconnaissait le pain traditionnellement gardé pour le bourreau)

Les Eta étaient eux des parias héréditaires, en cela similaires aux intouchables indiens, qui avaient le monopole des métiers liés au sang et à la mort des animaux : équarrisseur, boucher, tanneur, abatteur d’animaux.

Selon Jean-François Sabouret, la discrimination des burakumin est « presque aussi ancienne que l’histoire du Japon et de ses croyances locales ». La religion nationale, le shinto, considère comme souillées toutes les activités liées au sang et à la mort. Par ailleurs, le bouddhisme venu d’Inde par la Chine proscrit la mort des animaux considérés comme des êtres sensibles. Si les activités liées à la vie, à la mort et au sacré relevaient initialement du monopole religieux, les burakumin ont été progressivement chargés des occupations liées à la mort et au souillé, et identifiés à ces professions « impures » mais indispensables.  (merci à wikipedia pour la def)

 Le musée qui a ouvert en 1985 est plus tard renommé Osaka Jinken Hakubutsu-kan (Human Rights Museum). Il retrace non seulement les différentes façons de traiter les burakumin et plus tard les Chinois, les Coréens mais également les femmes puisque l’on avait quand je l’ai visité une pierre levée marquant l’interdiction faite aux femmes d’aller sur certains sentiers de pélerinage dans la montagne. En fait certaines montagnes étaient totalement interdites aux femmes, ce dont je n’avais jamais entendu parler.  Au 20e siècle le musée évoque également les droits des handicapés ou des malades du sida au Japon, des victimes de Minamata et des personnes âgées sans domicile fixe.

Tout est écrit en japonais mais il y a aussi un peu de documentation en anglais et des audio guides en japonais et en anglais.

Il est ouvert de  10:00 – 17:00 p.m. Dernière entréeà 16:30 p.m. Fermé le lundi, ainsi que le 4ème vendredi du mois et le jour de l’an.

Les stations les plus proches sont Ashiharabashi and Imamiya (Osaka Loop Line).

Entrée: 250 yen (500 yen pour les expositions temporaires ), 150 yen pour les lycéens,(300yen). Gratuit pour les personnes handicapées et les plus de 65 ans.

Ici: http://www.rue89.com/2011/04/18/fukushima-cherche-petites-mains-du-nucleaire-200413

un article dans lequel on peut lire que les burakumin subiraient encore des discriminations à l’embauche ce qui les conduirait à accepter des tâches plus dangereuses comme… a Fukushima !!!

Question de vocabulaire:

Bizzarement, j’ai toujours dit et entendu bunrakumin et pas burakumin et je trouve les deux sur internet donc si vous avez des lumières sur la question je suis preneuse.

Racisme au Japon : debito.org


http://www.debito.org/?page_id=2

C’et le site d’un américain naturalisé japonais ( ce qui est assez rare pour être remarqué) et marié à une japonaise. Il s’intéresse aux droits de l’homme au Japon et traite de toutes les tracasseries administratives voire du racisme anti étranger au Japon.

Très utile pour connaître toutes les démarches que doit entreprendre quelqu’un vivant au Japon mais également pour avoir une vision différente lorsque l’on est un touriste qui veut avoir une vision un peu plus poussée de la société japonaise.

Récemment Dave Aldwinckle a lancé un débat sur le mot « flyjin » utilisé pour les étrangers qui ont fuit les problèmes liés à Fukushima laissant par ex leur copine sur place alors qu’ils habitaient à Tokyo… ici: http://search.japantimes.co.jp/cgi-bin/fl20110607hs.html

des réponses assez intéressantes à ce sujet .

Ensuite on aime ou pas mais c’est bien documenté.

En anglais bien sûr … ben c’est quoi le problème ?

Ensuite est ce que vous sere concerné par un possible racisme au Japon?

 En tant que touriste c’est très improbable je pense, de toute façon si la personne vous ignore, comme la vendeuse du magasin où je suis allée, vous ne vous en rendrez probablement pas trop compte.  C’est du racime soft et  pas agressif.

Le site est intéressant aussi pour les réactions que  Dave Aldwinckle suscite et si vous allez sur le site de Japan Times vous verrez les réactions des autres étrangers, elles sont souvent très en contradiction avec celles de Aldwinckle .

Last day and racism in Japan


Saluuuut,
 
Le dernier jour et les angoisses du départ: est ce que mon sac à dos et/ou ma valise cabine seront plus lourds que ce qu’accepte Qatar Airways ?? Du coup j’ai filé à la poste pour faire peser ma valisette de cabine et ELLE PESAIT 10 KILOS au lieu des 7 acceptés ( bon, ils pourraient ne pas la peser mais on ne sait jamais). Du coup j’ai du me délester de quelques bouquins encombrants et les envoyer.
 
A part ça, j’ai vu la première personne vraiment raciste et désagréable dans un magasin au Japon ce qui est tres rare au Japon. Au lieu de me demander ce que je veux acheter, elle passe ostensiblement à la japonaise derriere moi, sans me regarder, alors qu’on fait la queue et que je suis devant.
Sa collègue, a qui je fais remarquer que je suis en train d’attendre, est à peine moins désagréable. Comme je veux vraiment mes gateaux yatsuhashi au thé vert je reste mais sinon j’aurais tapé un pur scandale en japonais !!!! Ca c’est sous la tour de Kyoto.
 
Après, direction BIC CAMERA ou, au contraire, ils sont super gentils. J’ai craqué pour le kinoko ( le champignon) mascotte de DOCOMO mais dans la boutique où je suis allée ils ne le vendait pas. Je vais au rayon téléphone où je jette a peine un coup d’oeil sur les straps qu’un vendeur m’aborde en anglais. Je lui pose la question, il va voir et il revient tout de suite avec le kinoko en question: c’est cadeau !!!!!
 
La pub de Docomo
 
DSC06032   DSC06033
 
 
Voilà ! c’était ma dernière journee ici, massage des pieds pré avion et, avant de partir, un tour au sento ( trop génial de faire un sento à 5h avant de partir !!!! Je vais être toute propre dans l’avion). J’étais retenue par ma valise sinon je serais partie faire un dernier coucou à mon jardin préféré Entoku in mais il me suffit de fermer les yeux pour y être.