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La réforme des minpaku au Japon affectera-t-elle Airbnb?


D’après ce que j’ai lu sur la réforme des minpaku (private lodgings) pour l’instant voici les changements qui vont surtout affecter les propriétaires

  • un maximum de 180 jours par an
  • un enregistrement à la mairie en lien avec MyNumber pour les impôts,
  • pose d’un autocollant
  • et, ce qui va sans doute être plus difficile, approbation du syndic de l’immeuble… ceux qui ont accueilli des gaijins un peu trop bruyants risquent de perdre leur capacité de louer.

Le projet de loi devrait être appliqué à partir du 15 juin 2018.

source:https://www.ttgasia.com/2018/01/26/japan-to-enforce-minpaku-regulations-in-june/

Comment traduire le « shit hole countries » de Trump en japonais?


Comme on dit en anglais « it’s a hard job but someone has to do it « . Les traducteurs japonais ont donc dû s’atteler à la tâche et traduire le « shit-hole country » de Trump en japonais et , comme on parle souvent des différents niveaux de politesse que comprend la langue, ça n’a pas été facile. (Bon, nous en français c’était simple)

La NHK est passé par « filthy countries » ( pays dégoûtants) qui est un des plus belles sous traductions jamais vues – et vous aurait fait rater l’agrégation d’anglais à l’oral- mais bon.

D’autres sont passés par des périphrases comme « pays aussi sales que des toilettes  » (tout ce temps je m’attendais a ce que le magazine Japan Times nous éclaire en donnant les expressions exactes, mais non- petits joueurs -j’ai donc cherché et trouvé ailleurs 便所のように汚い国 or « benjo no yō ni kitanai kuni » “countries that are dirty like toilets” ou encore “kusottare,”ce qui veut dire “dripping with excrement.” )

Il n’y a pas que le Japon qui a fait trimer les traducteurs : personnellement j’adore la traduction de l’agence de Taipei CNA News Agency qui se traduit « country where birds don’t lay eggs » ( le pays où les oiseaux ne veulent pas pondre/ ne pondent pas). Je trouve que ça rends Trump presque poète !

Pour revenir en Europe les médias flamands en Belgique ont traduit par « testicle countries » ( il faut m’expliquer ??)

Sources:

japan times.co.jp

https://www.pri.org/stories/2018-01-12/how-countries-around-world-translated-trump

Le Japon a toujours du mal à reconnaître l’existence des « femmes de réconfort » – la statue qui dérange.


Le terme « femme de réconfort » cache l’esclavage sexuel, entre autres, des coréennes pendant la 2de guerre mondiale. C’est une des causes de tensions entre le gouvernement japonais et les pays de la région, le gouvernement japonais s’opposant à toute érection de statue ou de monument commémorant cet épisode que les manuels d’histoire japonais passent sous silence.

The statue symbolizes the Korean women made wartime sex slaves by Japan.

Source: Japan Is Demanding the Removal of a Controversial Statue in the South Korean Capital Seoul

Un geste de bonté: les enfants japonais adoptés par les chinois après la seconde guerre mondiale.


C’est un article de Japan Today qui offre une vision très différente des relations entre chinois et japonais pendant la seconde guerre mondiale. Comme quoi les relations humaines ont toujours plusieurs facettes.

Lors de la défaite des forces impériales japonaises qui se sont rendues le 15 août 1945, à peu près 1,5 million de familles attirées dans l’état vassal du Manchukuo dans le nord est de la Chine se sont retrouvées livrées à elles-même et, beaucoup se sont suicidées ou sont mortes de faim.. Ces japonais étaient des agresseurs imposés à la population locale mais je n’avais jamais entendu parler des enfants japonais adoptés par des familles chinoises.

“Public opinion at the time was rather strong against raising a Japanese child and our relatives also opposed it, but my mother insisted on doing so,” [he said].

Certaines femmes ont donc adopté les enfants de leurs agresseurs en leur donnant un nom chinois malgré l’opposition de leurs familles et de l’opinion publique. Les chiffres confirmés par Tokyo sont d’un peu plus de  2.800 enfants.

« One woman, Sun Zhenqin, volunteered to be his guardian and soon gave her scrawny charge a new name, “Lai Fu” (good luck coming). » il faut avoir une sacré dose de bonté pour adopter un enfant japonais après la guerre et l’apppeler « chance » je trouve.

Certains sont rentrés au Japon après la « normalisation » des relations entre les deux pays pour trouver des tombes à leurs noms, d’autres sont restés.

Japan Today est un journal japonais en anglais et je trouve cet article intéressant (surtout la fin que le vous laisse lire sur leur site) car on a souvent tendance à monter en épingle chaque problème entre ces deux pays au lieu de parler des actes de bonté qui ont pu avoir lieu pendant la guerre et qui restent également dans l’esprit de certains japonais.

http://www.japantoday.com/category/national/view/children-of-the-aggressors-japanese-war-babies-adopted-by-china

Russie/ Crimée une vision japonaise assez…décalée (jolie blonde inside)


Si les japonais suivent les péripéties des relations entre Ukraine et Russie à travers la « récupération »(re prise, annexion ou autre selon votre bord) de la Crimée ce n’est pas uniquement par intérêt politique. Ce qui passionne une partie des japonais c’est surtout la plastique parfaite de ce qu’on appelle l’ « attorney general » de Crimée (en gros en français c’est  un procureur général  ) Natalia Poklonskaya.nat

L’apparition à la télévision de la jeune femme à déclenchée une vague de répliques en manga au Japon mais également en Corée du sud, deux pays où la jeune femme est suivie par un certain nombre de, disons le, « fans »  plus inspirés par sa plastique que par les arguties des pro russes!

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  source: http://japandailypress.com/crimean-attorney-general-natalia-poklonskaya-wins-heart-of-japanese-anime-fans-goes-viral-2146135/#

Un politicien, un poisson à la main??


Au Japon parfois, à la fin des élections, on peut voir ça:

fishShinjiro Koizumi, le fils de l’ancien premier ministre Junichiro Koizumi

Ou ça

Toru Hashimoto    Toru Hashimoto,  gouverneur de la préfecture de Osaka.

Mais pourquoi ?

C’est cet article de BBC News qui nous l’explique. http://www.bbc.co.uk/news/magazine-20756516

En fait ce sont souvent les sumotori que l’on voit poser avec un poisson après une victoire parce que ce poisson nommé « tai » se prononce comme le mot « de bon augure »   o-medetai

.Mongolian sumo wrestler Harumafuji holds a large red sea bream and smiles after he was promoted to become the 70th grand champion or 'yokozuna' in Tokyo on September 26, 2012 Le sumotori d’origine Mongole Harumafuji devient yokozuna (grand champion)

Du coup c’est un jeu de mot visuel connu des japonais mais assez bizarre pour nous. L’article explique que les sumotori peuvent tenir le poisson d’une seule main, et plus il est gros plus cela montre leur force, alors que les politiciens doivent le tenir à deux mains…. ou en choisir un plus petit. ^^

fishy ?

En Chine un parc profite des tensions sino-japonaises


http://www.kotaku.com.au/2012/11/japan-invading-china-recreated-at-a-chinese-amusement-park/ (tiens un petit nouveau)

Alors que les tensions entre la Chine et le Japon s’exacerbe, que les nationalistes japonais grimpent le Fuji san (pour se faire sauver par les japonais car ils sont mals préparés) ce parc The Eighth Route Army Culture Park dans la province de Wuxiang permet aux chinois de de costumer en soldats chinois ou japonais et de jouer à la guerre.

Ouvert en 2011 ce parc est situé dans une région connue pour le « tourisme rouge », le nom fait référence à la 8e armée, une unité de l’armée nationale révolutionnaires qui a combattu les japonais, et on peut se costumer, jouer à la guerre dans des tranchées et … tirer sur des soldats japonais.

Des photos de Jason Lee pour l’agence Reuters.

 

 

En août dernier un festival culturel le  Eighth Route Army Cultural Festival a eu lieu, des vétérans étaient invités comme Duan Yirong qui semble plutôt soutenir ce parc selon son interviw à China Daily:

“Before I joined, many people in our country, including me, were beaten and killed by Japanese soldiers,” Duan told China Daily. I lived a terrible life. “People died every day in our village. Picking up a gun and joining the army was the best way to protect our homeland and improve our lives.”

Army vet Duan, however, is supportive of the theme park, saying, “It brings alive the heroic history and nightmarish days we endured. It opens a frightening window on war but also conveys the meanings of loyalty and sacrifice.”http://www.chinadaily.com.cn/life/2012-03/13/content_14822675.htm

 

Je ne trouve pas de site pour ce parc (mon chinois est très limité)

La femme n’a pas sa place dans l’espace public? Excellent article du Monde


Un excellent article du journal Le Monde sur la (non) place des femmes dans l’espace public: la rue fief des mâles! Par Fanny Arlandis.

Quand on y réfléchit ça fait peur mais c’est très éclairant. Je mettrais un petit bémol sur les femmes qui ne stationnent pas dans l’espace public parceque des gamines qui bavardent sur les pas de porte j’en vois plein, sinon je suis tout à fait d’accord.

La partie sur les équipements de la ville majoritairement dédiée aux hommes, au manque de toilettes lors des grande réunions c’est très éclairant aussi (j’ajouterais que les toilettes c’est un endroit où il faut ABSOLUMENT une égalité homme/femme du coup on a 1 espace chacun SAUF que les filles vont beaucoup plus aux toilettes et y restent plus longtemps [on se lave les mains nous ^^] donc on fait plus longtemps la queue).

Pour avoir passé les concours de la fonction publique je peux vous dire que quand on a une pause c’est flagrant, on utilise TOUTE LA PAUSE uniquement à faire la queue pour entrer dans les toilettes alors que les mecs font leur affaire et ont le temps de se prendre un petit café !!!! Elle est où l’égalité?

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/04/la-rue-fief-des-males_1770418_3246.html

Sur le trottoir ou dans le métro, on croise des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes. A première vue, l’espace public est mixte. A première vue seulement. Car l’espace urbain demeure un espace où les déséquilibres entre les deux sexes restent profonds. De jour, ça se voit peu. Et pourtant l’Insee a montré que les femmes se déplacent bien plus que les hommes, et elles le font à pied quand les hommes roulent en voiture.

Surtout, contrairement à ces derniers, « les femmes ne font que traverser l’espace urbain, elles ne stationnent pas », explique le géographe Yves Raibaud, coproducteur d’un rapport, en 2011, commandé par la communauté urbaine de Bordeaux. « On constate que les femmes traînent moins souvent dans la rue sans avoir  quelque chose de précis à y faire et se déplacent rapidement d’un endroit à un autre », confirme Patricia Perennes, d’Osez le féminisme.

Aller vite pour éviter les ennuis… Car une femme seule est trois fois plus abordée dans la rue qu’un homme. Parfois sympathiques, ces rencontres peuvent s’avérer désagréables et provoquer un sentiment d’insécurité.

« RAPPELS À L’ORDRE SEXUÉS »

Sifflées, collées, insultées, autant de situations que vivent les femmes dans la rue. On en a un bon exemple avec l’étudiante belge Sofie Peeters, qui a tourné, cet été à Bruxelles, un film en caméra cachée qui montre qu’elle est la cible de remarques machistes ou insultantes

(voir la vidéo sur le site du journal)

Pour la sociologue Marylène Lieber, professeur à l’Institut des études sur le genre, à Genève, les femmes subissent des « rappels à l’ordre sexués, des petits actes qui n’ont rien de grave mais qui leur rappellent sans cesse qu’elles sont des « proies » potentielles dans l’espace public : commentaires, regards soutenus, etc. ».

Les parents en tirent des conséquences en disant très tôt à leurs filles comment se comporter et s’habiller. « Toute la journée, on t’explique ce que tu dois être en tant que femme, les télévisions et les journaux font de même, et tu finis par ne plus te définir en tant qu’être humain », explique l’urbaniste Louise Montout. Jusqu’à la puberté, on demande aux filles davantage de déplacements que les garçons, car on les considère plus dégourdies. Mais après, le viol devient la peur structurante des femmes en milieu urbain, alors que la ville est bien plus le lieu des incivilités que des agressions physiques.

En 2011, selon l’Insee, 1,9 % des femmes ont déclaré avoir subi une agression physique, alors que 10 % subissent des violences conjugales. Pourtant, et même si la révolution sexuelle a atténué les choses, la représentation sociale fait du foyer le havre de paix et, de l’extérieur, un espace dangereux. Allons plus loin : une femme seule, dans un parc, la nuit ? C’est une prostituée, pense-t-on souvent. Et le jour ? Une mère de famille.

DANS LE MÉTRO LE SOIR, 2 FEMMES POUR 8 HOMMES

Le métro, le soir, est fréquenté en moyenne par deux femmes pour huit hommes. Les parents ont autant peur du métro la nuit pour leurs filles (leur imposant le taxi) que les filles elles-mêmes, y compris majeures. Ces dernières mettent en place des stratégies pour réduire le danger : porter un pantalon maquillage sobre, se déplacer en groupe, se rapprocher d’autres filles isolées, avoir un baladeur sur les oreilles en fuyant tout regard.

Ces stratagèmes entraînent une réduction des libertés. « Les filles sont confrontées à une tension entre les attentes placées dans les sorties festives, souvent associées à un habillement plus sexualisé, et un contrôle des parents plus marqué que pour les garçons », constate Clément Rivière, doctorant à l’Observatoire sociologique du changement (Sciences Po). Ainsi, des normes s’imposent, parfaitement intégrées, invisibles et intériorisées.

Les décideurs de la ville ne font rien pour réduire ce fossé entre garçons et filles. Ils font même le contraire. Ainsi, 85 % du budget des équipements programmés dans les zones prioritaires vont aux garçons. Pour « canaliser la violence », dit-on. Les skate-parks poussent comme des champignons un peu partout, alors qu’il n’existe presque rien pour les adolescentes. Dans la revue Traits urbains, en mai, Yves Raibaud prend l’exemple de la construction de stades de football, investis presque uniquement par des hommes : « Imaginez un équipement public pour 43 000 femmes ! »

=> C’est vrai ça surtout en banlieue il faut canaliser l’agressivité des garçons et du coup on ne prête pas autant d’attention aux filles

Les gestionnaires des politiques publiques, les urbanistes notamment, sont en grande majorité des hommes et agissent en fonction des idées qu’ils ont des femmes. Est-ce pour des raisons économiques, voire écologiques, ou parce qu’ils imaginent les femmes au foyer le soir, que 5 000 communes de France ont récemment décidé d’éteindre l’éclairage public entre minuit et 5 heures du matin ? Pourquoi nombre de lieux festifs et nocturnes sont-ils construits sans toilettes ? Parce que la nuit est un espace jugé masculin. D’un autre côté, les décideurs et urbanistes n’oublient pas les couloirs à poussettes, ni d’installer des crèches à côté des lieux de travail majoritairement féminins. « Les urbanistes vont répondre que, lors des réunions, on leur demande ces couloirs à poussettes ! », rétorque Louise Montout.

« LA VILLE APPARTIENT AUX HOMMES »

Tout le monde est d’accord : la ville est pensée par et pour l’homme, « elle appartient aux hommes « , affirme même Yves Raibaud. Les sociologues diront qu’elle est « androcentrée » – elle place au centre l’homme. Le dogme est si ancré que nous avons du mal à le remettre en question. Pire, nous l’entretenons tous. Car l’espace n’est pas interdit aux femmes, ce sont elles qui s’interdisent l’accès à une rue, un bar, un lieu de fête… Les interdits sont tels, montre l’étude de Bordeaux, que les lieux qu’elles trouvent répulsifs sont les plus nombreux.

En fait, les femmes érigeraient ce que le géographe Guy Di Méo appelle des « murs invisibles » dans l’espace urbain. Ces barrières sont inconscientes. Elles varient d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre en fonction des émotions. Elles sont le fruit de facteurs comme l’âge, le niveau socio-économique, la situation personnelle ou l’environnement culturel. Et pourtant la peur touche l’adolescente comme la maman et sa poussette. « Il suffit d’un viol médiatisé pour que toutes les femmes aient peur », dit Marylène Lieber.

(…)

DES MARCHES EXPLORATOIRES LA NUIT À PARIS

La mairie de Paris mène des actions pour rendre plus visibles les femmes dans l’espace urbain. Des marches exploratoires ont lieu la nuit (des femmes se promènent en ville pour réfléchir à ce qui exacerbe leur sentiment d’insécurité) et neuf stations de tram porteront des noms de femmes. « Quand nous sommes arrivées à la mairie, seuls 3 % ou 4 % des équipements parisiens et des rues étaient dédiés aux femmes célèbres ; on est a plus de 13 % maintenant « , se réjouit Fatima Lalem, adjointe au maire chargée de l’égalité hommes-femmes.

La partie sur la mise en place de rames destinées aux femmes me semble au contraire renforcer ce sentiment d’avoir besoin de mettre des femmes en cage. On n’a pas besoin d’être mises sous verre mais juste d’avoir le même accès que les hommes aux espaces public. Je trouve que c’est une fausse bonne solution. Ca renforcerait même l’idée que les femmes ne doivent pas se mélanger aux hommes (on n’est pas en Egypte on a une tradition française d’égalité homme/femme).

Ces réponses sont incertaines tant les collectivités s’attaquent plutôt aux violences domestiques. Aussi, Marylène Lieber invite les femmes au sport de combat. Clément Rivière, lui, prône la « sensibilisation des parents » aux inégalités. Et des urbanistes repensent l’espace public : « Ne pas viser les femmes ou les jeunes, mais faire de l’intergénérationnel », estime Nicolas Michelin. Reste que les femmes passant plus de temps « dehors » savent mieux se défendre face aux incivilités. Savoir répondre, avoir une grande gueule, faire le poids face à l’agression, ça ne s’improvise pas…

Fanny Arlandis

Bibliographie

« LES MURS INVISIBLES  FEMMES, GENRE  ET GÉOGRAPHIE SOCIALE » de Guy Di Méo (Armand Colin, 2011). »GENRE, VIOLENCES ET ESPACES PUBLICS. LA VULNÉRABILITÉ DES FEMMES EN QUESTION » »L’USAGE DE LA VILLE PAR LE GENRE : LES FEMMES »

commandé en 2011 par la communauté urbaine de Bordeaux : http://www.aurba.org