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Les Hikikomori, un problème insoluble?

le 28/7/2010 à 12h47
 par Benjamin Gauducheau (Aujourd’hui le Japon)

Les
Hikikomori sont ces personnes qui se coupent de toute vie sociale
pendant de longues périodes. Selon un récent sondage, ils seraient près
de 230 000 au Japon.

"Crise nationale". C’est par ces mots chocs que le quotidien Mainichi décrit le phénomène Hikikomori dans un éditorial publié récemment. 
Alarmant, l’éditorial appelle le gouvernement à se préoccuper vraiment
de ce problème de société tout à fait japonais. Il faut dire qu’à en
croire les chiffres, le phénomène paraît préoccupant. 
Selon un récent sondage gouvernemental, ils seraient près de 230
000 personnes à ne sortir de leurs chambre que pour aller faire des
courses. Ce chiffre s’élève à 700 000 si l’on y ajoute les personnes
qui ne sortent que pour faire des choses relatives aux loisirs.
Selon les résultats du sondage, 70% des Hikikomori sont de sexe
masculin. 44% auraient commencé à s’enfermer à cause de problèmes de
recherche d’emploi, et 46% ont la trentaine.
Par ailleurs, il y aurait près d’1,55 millions de "Hikikomori potentiels" ayant déjà penser à s’enfermer dans leur chambre.
Les critères retenus pour dans ce sondage pour définir les
Hikikomori ont été un enfermement de plus de six mois pour des raisons
autres que la garde d’enfants ou la maladie.
Les Hikikomori sont peu connus en Occident, bien moins en  tout
cas que les Otaku, ces personnes nourrissant une passion obsessionnelle
pour les mangas  ou les jeux vidéos.
Au Japon, on peine à expliquer ce phénomène, apparu durant les
années 80 et prolixe dans les années 90. On estime en général que le
processus commence par une impossibilité d’aller à l’école, qui
deviendra vite une incapacité à affronter le monde en dehors des murs
de sa chambre.
Les raisons les plus souvent avancées sont le harcèlement à
l’école, les maltraitances familiales, ou les échecs professionnels,
dans une société très compétitive.
Cependant, d’autres, tel que le professeur Tamaki Saito, l’un des
premiers psychiatre s’étant intéressé aux Hikikomori, cherchent les
raisons du côté de la culture et de l’histoire japonaise. 
Selon lui, la célébration de la solitude dans les poèmes
traditionnels et la musique, et l’isolement du Japon au milieu du
dix-neuvième siècle pourraient expliquer une partie de ce problème
propre au Japon.
Mais pour le Mainichi, c’est également "l’insuffisance de soins
aux enfants due de la pauvreté, les bizutages à l’école (…) et la
précarité de l’emploi, résultat d’une augmentation du nombre de
travailleurs à mi-temps", qui sont en cause. 
Il y a quelques années, le gouvernement avait mis en place des
camps de trois mois dédiés à la ré-intégration sociale des Hikikomori.
Mais ces programmes avaient été abandonnés car ils avaient un coût trop
élevé.

On peut également lire Shutting out the Sun: how Japan created its own lost generation de Michael Zielenziger qui traite des hikkikomori des « parasites singles ». Excellent !!!!