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Je suis une femme, I am a woman, et en japonais c’est quoi?


Je vous livre cet article très intéressant qui provient du site Savy Tokyo et réfléchit à toutes les façon de dire « femme » en japonais et ce que les mots utilisés impliquent.

onna, okusan, Jousei, fujin … tous ces mots veulent dire « femme » mais avec des implications différentes.

ceux qu’on connait plus:

女 onna et 女性 josei

Le mot « onna » et le kanji  sont à retenir absolument, on trouve le kanji sur les noren qui séparent les salles des onsen ou des sento donc c’est souvent un de ceux qu’on retient en premier. On retrouve également le terme sur les documents officiels pour différencier entre les femmes et les hommes.

Dans la conversation par contre le terme peut avoir des connotations négatives comme dans des expressions comme baka onna (femme stupide ), hidoi onna (femme cruelle ) ou ii onna (chick/fille/ gonzesse), on retrouve alors une connotation sexuelle.

Bien sûr on peut utiliser les plus polis « onna no hito« .

Si on veut faire un compliment mieux vaut utiliser josei (female/ jeune femme) comme dans l’expression kirei na josei (beautiful woman/ jolie jeune femme).

Passons donc à josei  女性 un kanji dans lequel on retrouve femme et … sexe. Selon l’article c’est le terme le plus utilisé, le plus sûr et le plus PC (politiquement correct) pour traduire le « female » anglais. Je rajouterais qu’on m’a toujours appris en japonais que « josei » voulait  dire « jeune femme »donc j’étais un peu intriguée par cette partie de l’article parce que je me vois mal appeler une femme de 50 ans « josei ».mais dans les médias japonais on entend facilement parler d’une femme de 75 ans en utilisant le terme .

Le terme josei remplace celui de fujin.

婦人 fujin: 

C’est un terme que j’ai découvert dans cet article parce qu’on n’en avait jamais parlé en cours. Il est beaucoup utilisé dans les médias pour parler des célébrités, des femmes mariées qui ont un statut social élevé (femme de président, de politiciens etc…) un peu comme le « lady » anglais. Il est maintenant remplacé par josei car toutes les femmes ne sont pas mariées ou ne veulent pas être définies par leur statut de femme mariée.

Parlon justement des femmes mariée, le terme correct est Okusan (奥さん)

Associant la femme à l’intérieur du foyer le terme okusan ou le plus poli okusama est utilisé pour parler de la femme de quelqu’un… mais il est parfois utilisé pour s’adresser à quelqu’un qu’on juge être mariée ( de par son âge, son attitude etc…). Pour parler de son épouse on utilise le terme tsuma.

Ojosan/Ojosama (お嬢さん/お嬢様)

Ce terme se traduit par « la fille de quelqu’un d’autre que soi-même ».On l’utilise souvent pour parler de jeunes femmes insouciantes qui ont les moyens financiers de vivre leur vie comme elles l’entendent.Le terme peut parfois être utilisé avec des connotations négatives pour parler de quelqu’un de trop gâté, d’immature ou de dépendant des autres.

source: http://savvytokyo.com/many-ways-say-woman-japanese/?utm_campaign=post_The+Many+Ways+To+Say+%E2%80%98Woman%E2%80%99+in+Japanese&utm_medium=email&utm_source=savvy_tokyo_newsletter_2016-09-02

Gunpowder and Lead (de la poudre et du plomb)


Miranda Lambert /Gunpowder and lead

J’adore les paroles! je dédie cette chanson à toutes les filles qui supportent des mecs qui leur expliquent ce qu’elles savent déjà (par exemple qu’un billet d’avion pour une semaine est moins cher que pour un mois – NOOOON C’EST VRAI!!!????? ) comme on si on était débiles sans écouter quand on leur parle !!!

« Gunpowder & Lead »

County road 233, under my feet
Nothin’ on this white rock but little ole me
I’ve got two miles ’til he makes bail
And if I’m right we’re headed straight for hellI’m goin’ home, gonna load my shotgun
Wait by the door and light a cigarette
If he wants a fight well now he’s got one
And he ain’t seen me crazy yet
He slapped my face and he shook me like a rag doll
Don’t that sound like a real man
I’m gonna show him what little girls are made of
Gunpowder and leadWell, it’s half past ten, another six pack in
And I can feel the rumble like a cold black wind
He pulls in the drive, the gravel flies
He don’t know what’s waiting here this time

 

Hey! I’m goin’ home, gonna load my shotgun
Wait by the door and light a cigarette
If he wants a fight well now he’s got one
And he ain’t seen me crazy yet
He slapped my face and he shook me like a rag doll
Don’t that sound like a real man
I’m gonna show him what little girls are made of
Gunpowder and lead

His fist is big but my gun’s bigger
He’ll find out when I pull the trigger

I’m goin’ home, gonna load my shotgun
Wait by the door and light a cigarette
If he wants a fight well now he’s got one
And he ain’t seen me crazy yet
He slapped my face and he shook me like a rag doll
Don’t that sound like a real man
I’m gonna show him what little girls are made of
Gunpowder and, gunpowder and lead

Gunpowder and lead

Hey!

PS: « make little are made of » rappelle la comptine selon laquelle « little girls are made of sugar and spice and everything nice »….

Non mais je suis contre les armes en vrai, don’t be afraid!

Produits dérivés Disney pour Marvel : les filles volontairement mises à l’écart?


Non mais c’est pas grave on est juste en 2015 et le public féminin n’intéresse toujours pas les grandes entreprises, notre argent n’est pas assez bon????

Fan Actuel

Après le drame du jeunisme dont je parlais hier, parlons un peu sérieusement d’un autre problème.

Alors que Uniqlo, après Celio, a lancé également une nouvelle collection de T-shirts Star Wars, je me désole toujours que, alors que la culture geek est devenue répandue, seuls les hommes puissent se procurer des articles de ce genre. Certes, Star Wars n’est pas exactement une série paritaire, mais quand même, la princesse Leïa et la reine Amidala ne comptent pas pour des prunes… et puis n’en déplaise aux partisans de la représentation, on n’est pas obligé d’être du même genre, du même âge ou de la même couleur qu’un personnage pour pouvoir s’intéresser ou s’identifier à lui. En tout cas moi, je me suis toujours plus facilement identifiée aux personnages adultes qu’aux enfants ou ados quand j’étais gamine, et je m’intéressais indifféremment aux hommes ou aux femmes… du moment qu’ils…

Voir l’article original 396 mots de plus

Margarita Kareva: princesses/sorcières et contes de fées


princesses de conte de fées!

Fantasy photographer Margarita Kareva, based in Russia, captures beautiful women in gorgeous surreal environments. Gaining inspiration from fairytale books, she loves to portray her subjects as princesses and witches. The styling and scenery combined deliver stunning visuals fit for any high end fashion or art editorial spread. A prime example of why print still matters. The clarity of a beautiful image on screen has nothing on it’s print value. I’m just sayin…Anyway peep the dope photography below and drop a line if you feel the need to express yourself 🙂

Source: Margarita

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Les femmes scientifiques enfin chez LEGO


Fini les choix limités et, disons le, assez macho entre coiffeuse ou caissière! Les petits filles qui jouent au LEGO pourront enfin trouver des femmes scientifiques comme modèles. Alors astronome, chimiste ou paléontologue pour la petite dernière? (moi ce sera paléontologue ^^)

Lego femmes scientifiques

C’est la bonne nouvelle du Monde.fr.

Lego lance sa première figurine de femme scientifique

Un jouet qui résiste à la mode des objets hyper sexués. La première figurine individuelle de « femme scientifique » et son matériel de laboratoire avaient déjà été commercialisés en septembre 2013 par la marque danoise. voici donc la PreC. Bodin récompensée par un prix Nobel à la sauce LEGO (le prix Nobrick).

Cela répond-il à la lettre de la petite Charlotte Benjamin? Le journal en ligne rappelle que « une petite fille de sept ans s’était même demandé pourquoi il y avait systématiquement plus de choix dans les figurines masculines que dans les figurines féminines. « Dans les Lego, toutes les filles restent assises à la maison, vont à la plage et sont au chômage, alors que les garçons partent à l’aventure, travaillent et sauvent des vies », s’était-elle aussi plainte. »

Voir l'image sur Twitter

Donc on attend une pirate, une indiana Jones au féminin etc….

source: http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2014/06/06/physique-des-briques-lego-lance-une-collection-de-figurines-femmes-scientifiques/#xtor=AL-32280270%20

Un gaijin au Japon: le gros cliché de Charisma Man


Ca fait un moment que les dessinateurs se sont emparés de l’image du gaijin au Japon! Comme vous l’avez peut-être remarqué, le gaijin au Japon en BD est le plus souvent américain ou anglo saxon et … c’est un homme…. car les dessinateurs le sont aussi. A quand une BD qui s’attaque aux travers des français ou des européens au Japon?

On s’attaque à ce que mes copines de Kyoto appelaient la « rice fever » (la fièvre du riz) et toutes celles qui ont suivi des cours de japonais l’auront sans doute remarqué: dans la classe tous les hommes ont eu, ont ou souhaitent avoir une petite copine japonaise! Du côté filles on n’a pas les mêmes possibilités romantiques car même si les couples mixtes avec un homme japonais et une femme européenne/américaine sont plus fréquents la norme c’est l’inverse.

Je reviens à ma BD avec un exemple du genre: CHARISMA MAN:

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En fait, si pour nous français Charisma man ressemble à l’image type du gros américain trop sûr de lui (overfed, oversexed and over here comme disait Churchill) en fait c’est un canadien!  Larry Rodney son créateur et Glen Schroeder le graphic designer sont tous les deux canadiens. Charisma man est apparu en 1998 dans The Alien magazine. C’est un gros clin d’oeil aux expatriés (et aux mecs du programme JET aussi je trouve comme ceux qui volent les micros dans les  karaoke mais qui peuvent le faire « because I’m an American » et ça c’est du vécu! ) .

Charisma man est un petit maigrichon pas intéressant avec un boulot naze qui ne trouve pas de copine chez lui et qui au Japon devient une sorte de super héro que toutes les filles s’arrachent…(mettez « hiiiiiiiiiiii » à la fin de chaque phrase)

-il parle trop bien anglais !!!!

-il a les yeux bleus !!!

-il est grand !!!!

-il me tient la porte !!!!

etc….

Le seul problème de Charisma Man c’est LA FEMME NON JAPONAISE qui agit sur lui comme la cryptonite sur SupermanImagehihi

Pour trouver du travail aussi Charisma Man assure

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Le soir aussi Charisma Man est le centre de la conversation car il connait Brad Pitt c’est sûr!

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(vous aurez remarqué le « are you know Brad Pitt? avec la grosse fôte d’axiliaire et les autres questions comme « how big is your credit card? » hihi) mais Western Woman est tapie dans l’ombre

le site:http://www.charismaman.com/

Allez on est belles joueuses (ben oui « beau joueur » c’est encore masculin et il parait que je suis féministe alors je vais me lâcher un peu), on veut bien une BD sur NOUS les femmes au Japon ou les gaijins filles qui aiment le Japon. Qui va nous dessiner?

AKB48 – que risque-t-on quand on enfreint la règle du NO DATING? la boule à zéro


Les médias japonais sont en émoi autour d’une des membres des AKB48. Celle ci a en effet enfreint la règle du NO DATING qui interdit aux jeunes filles de ce groupe d’avoir des relations amoureuses et a donc été punie. La tête rasée à blanc (ce qui en France nous rappelle des jours plus difficiles, période de l’histoire qui a même été rappelée par la presse nippone en anglais) elle est apparue en pleurs s’excusant de sa conduite.

Obligée de faire ce sacrifice par son groupe? Pas du tout selon son manager: “If you ask me whether it was necessary for her to shave her head, I would say it wasn’t,” said AKB manager Tomonobu Togasaki in a statement. “But Minegishi said she felt strongly about it.”

c’est bien pratique quand c’est la jeune fille qui pense à se punir toute seule!Image

La vidéo de presque 4 minutes postée sur le site internet du groupe montre Minegishi Minami en pleurs, suppliant ses fans de la laisser rester dans le groupe et expliquant qu’elle s’est rasée la tête en signe de repentance pour son acte irresponsable et irréfléchi (“thoughtless and irresponsible behavior.”). Acte dont on ne sait pas grand chose sauf qu’on l’a vue quittant le domicile d’un garçon de 19 ans …

“I don’t think this is enough to get your forgiveness for what I did, but the first thing that came to my mind was I don’t want to quit AKB48,” Minegishi said. “This is maybe wishful thinking, but if it’s all possible, I wish to stay as part of AKB. It’s entirely my fault. I am truly sorry.”

La suite de la vidéo la montrant tête baissée pendant 8 secondes a depuis été supprimée du site.

La règle du NO DATING sert en fait à ne pas décevoir les horde de fans masculins qui sont pour certains assez obsédés par les jeunes filles du groupe.

They are allowed to have “one-sided romantic feelings” for a boy but can never progress beyond hinting at their crush—and must never disabuse their legions of male fans that they might one day stand a chance with their fantasy woman.

Derrière ces groupes très kawaii, héritières des Morning Musume, dont on peut (parfois) apprécier les chansons rigolotes et les paroles incompréhensibles il ne faut pas oublier la façon un peu malsaine avec laquelle la société japonaise [mais elle n’est pas la seule ] utilise les jeunes femmes… vêtements hyper courts et pose mi suggestives/ mi innocentes dans le but de vendre le plus possible de tout et n’importe quoi.

« While much is made of their supposed innocence, the band is heavily marketed on its sex appeal, with skimpy outfits and coquettish smiles the order of the day. »

source: Japan Today

La femme n’a pas sa place dans l’espace public? Excellent article du Monde


Un excellent article du journal Le Monde sur la (non) place des femmes dans l’espace public: la rue fief des mâles! Par Fanny Arlandis.

Quand on y réfléchit ça fait peur mais c’est très éclairant. Je mettrais un petit bémol sur les femmes qui ne stationnent pas dans l’espace public parceque des gamines qui bavardent sur les pas de porte j’en vois plein, sinon je suis tout à fait d’accord.

La partie sur les équipements de la ville majoritairement dédiée aux hommes, au manque de toilettes lors des grande réunions c’est très éclairant aussi (j’ajouterais que les toilettes c’est un endroit où il faut ABSOLUMENT une égalité homme/femme du coup on a 1 espace chacun SAUF que les filles vont beaucoup plus aux toilettes et y restent plus longtemps [on se lave les mains nous ^^] donc on fait plus longtemps la queue).

Pour avoir passé les concours de la fonction publique je peux vous dire que quand on a une pause c’est flagrant, on utilise TOUTE LA PAUSE uniquement à faire la queue pour entrer dans les toilettes alors que les mecs font leur affaire et ont le temps de se prendre un petit café !!!! Elle est où l’égalité?

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/10/04/la-rue-fief-des-males_1770418_3246.html

Sur le trottoir ou dans le métro, on croise des vieux, des jeunes, des hommes, des femmes. A première vue, l’espace public est mixte. A première vue seulement. Car l’espace urbain demeure un espace où les déséquilibres entre les deux sexes restent profonds. De jour, ça se voit peu. Et pourtant l’Insee a montré que les femmes se déplacent bien plus que les hommes, et elles le font à pied quand les hommes roulent en voiture.

Surtout, contrairement à ces derniers, « les femmes ne font que traverser l’espace urbain, elles ne stationnent pas », explique le géographe Yves Raibaud, coproducteur d’un rapport, en 2011, commandé par la communauté urbaine de Bordeaux. « On constate que les femmes traînent moins souvent dans la rue sans avoir  quelque chose de précis à y faire et se déplacent rapidement d’un endroit à un autre », confirme Patricia Perennes, d’Osez le féminisme.

Aller vite pour éviter les ennuis… Car une femme seule est trois fois plus abordée dans la rue qu’un homme. Parfois sympathiques, ces rencontres peuvent s’avérer désagréables et provoquer un sentiment d’insécurité.

« RAPPELS À L’ORDRE SEXUÉS »

Sifflées, collées, insultées, autant de situations que vivent les femmes dans la rue. On en a un bon exemple avec l’étudiante belge Sofie Peeters, qui a tourné, cet été à Bruxelles, un film en caméra cachée qui montre qu’elle est la cible de remarques machistes ou insultantes

(voir la vidéo sur le site du journal)

Pour la sociologue Marylène Lieber, professeur à l’Institut des études sur le genre, à Genève, les femmes subissent des « rappels à l’ordre sexués, des petits actes qui n’ont rien de grave mais qui leur rappellent sans cesse qu’elles sont des « proies » potentielles dans l’espace public : commentaires, regards soutenus, etc. ».

Les parents en tirent des conséquences en disant très tôt à leurs filles comment se comporter et s’habiller. « Toute la journée, on t’explique ce que tu dois être en tant que femme, les télévisions et les journaux font de même, et tu finis par ne plus te définir en tant qu’être humain », explique l’urbaniste Louise Montout. Jusqu’à la puberté, on demande aux filles davantage de déplacements que les garçons, car on les considère plus dégourdies. Mais après, le viol devient la peur structurante des femmes en milieu urbain, alors que la ville est bien plus le lieu des incivilités que des agressions physiques.

En 2011, selon l’Insee, 1,9 % des femmes ont déclaré avoir subi une agression physique, alors que 10 % subissent des violences conjugales. Pourtant, et même si la révolution sexuelle a atténué les choses, la représentation sociale fait du foyer le havre de paix et, de l’extérieur, un espace dangereux. Allons plus loin : une femme seule, dans un parc, la nuit ? C’est une prostituée, pense-t-on souvent. Et le jour ? Une mère de famille.

DANS LE MÉTRO LE SOIR, 2 FEMMES POUR 8 HOMMES

Le métro, le soir, est fréquenté en moyenne par deux femmes pour huit hommes. Les parents ont autant peur du métro la nuit pour leurs filles (leur imposant le taxi) que les filles elles-mêmes, y compris majeures. Ces dernières mettent en place des stratégies pour réduire le danger : porter un pantalon maquillage sobre, se déplacer en groupe, se rapprocher d’autres filles isolées, avoir un baladeur sur les oreilles en fuyant tout regard.

Ces stratagèmes entraînent une réduction des libertés. « Les filles sont confrontées à une tension entre les attentes placées dans les sorties festives, souvent associées à un habillement plus sexualisé, et un contrôle des parents plus marqué que pour les garçons », constate Clément Rivière, doctorant à l’Observatoire sociologique du changement (Sciences Po). Ainsi, des normes s’imposent, parfaitement intégrées, invisibles et intériorisées.

Les décideurs de la ville ne font rien pour réduire ce fossé entre garçons et filles. Ils font même le contraire. Ainsi, 85 % du budget des équipements programmés dans les zones prioritaires vont aux garçons. Pour « canaliser la violence », dit-on. Les skate-parks poussent comme des champignons un peu partout, alors qu’il n’existe presque rien pour les adolescentes. Dans la revue Traits urbains, en mai, Yves Raibaud prend l’exemple de la construction de stades de football, investis presque uniquement par des hommes : « Imaginez un équipement public pour 43 000 femmes ! »

=> C’est vrai ça surtout en banlieue il faut canaliser l’agressivité des garçons et du coup on ne prête pas autant d’attention aux filles

Les gestionnaires des politiques publiques, les urbanistes notamment, sont en grande majorité des hommes et agissent en fonction des idées qu’ils ont des femmes. Est-ce pour des raisons économiques, voire écologiques, ou parce qu’ils imaginent les femmes au foyer le soir, que 5 000 communes de France ont récemment décidé d’éteindre l’éclairage public entre minuit et 5 heures du matin ? Pourquoi nombre de lieux festifs et nocturnes sont-ils construits sans toilettes ? Parce que la nuit est un espace jugé masculin. D’un autre côté, les décideurs et urbanistes n’oublient pas les couloirs à poussettes, ni d’installer des crèches à côté des lieux de travail majoritairement féminins. « Les urbanistes vont répondre que, lors des réunions, on leur demande ces couloirs à poussettes ! », rétorque Louise Montout.

« LA VILLE APPARTIENT AUX HOMMES »

Tout le monde est d’accord : la ville est pensée par et pour l’homme, « elle appartient aux hommes « , affirme même Yves Raibaud. Les sociologues diront qu’elle est « androcentrée » – elle place au centre l’homme. Le dogme est si ancré que nous avons du mal à le remettre en question. Pire, nous l’entretenons tous. Car l’espace n’est pas interdit aux femmes, ce sont elles qui s’interdisent l’accès à une rue, un bar, un lieu de fête… Les interdits sont tels, montre l’étude de Bordeaux, que les lieux qu’elles trouvent répulsifs sont les plus nombreux.

En fait, les femmes érigeraient ce que le géographe Guy Di Méo appelle des « murs invisibles » dans l’espace urbain. Ces barrières sont inconscientes. Elles varient d’une personne à l’autre et d’un jour à l’autre en fonction des émotions. Elles sont le fruit de facteurs comme l’âge, le niveau socio-économique, la situation personnelle ou l’environnement culturel. Et pourtant la peur touche l’adolescente comme la maman et sa poussette. « Il suffit d’un viol médiatisé pour que toutes les femmes aient peur », dit Marylène Lieber.

(…)

DES MARCHES EXPLORATOIRES LA NUIT À PARIS

La mairie de Paris mène des actions pour rendre plus visibles les femmes dans l’espace urbain. Des marches exploratoires ont lieu la nuit (des femmes se promènent en ville pour réfléchir à ce qui exacerbe leur sentiment d’insécurité) et neuf stations de tram porteront des noms de femmes. « Quand nous sommes arrivées à la mairie, seuls 3 % ou 4 % des équipements parisiens et des rues étaient dédiés aux femmes célèbres ; on est a plus de 13 % maintenant « , se réjouit Fatima Lalem, adjointe au maire chargée de l’égalité hommes-femmes.

La partie sur la mise en place de rames destinées aux femmes me semble au contraire renforcer ce sentiment d’avoir besoin de mettre des femmes en cage. On n’a pas besoin d’être mises sous verre mais juste d’avoir le même accès que les hommes aux espaces public. Je trouve que c’est une fausse bonne solution. Ca renforcerait même l’idée que les femmes ne doivent pas se mélanger aux hommes (on n’est pas en Egypte on a une tradition française d’égalité homme/femme).

Ces réponses sont incertaines tant les collectivités s’attaquent plutôt aux violences domestiques. Aussi, Marylène Lieber invite les femmes au sport de combat. Clément Rivière, lui, prône la « sensibilisation des parents » aux inégalités. Et des urbanistes repensent l’espace public : « Ne pas viser les femmes ou les jeunes, mais faire de l’intergénérationnel », estime Nicolas Michelin. Reste que les femmes passant plus de temps « dehors » savent mieux se défendre face aux incivilités. Savoir répondre, avoir une grande gueule, faire le poids face à l’agression, ça ne s’improvise pas…

Fanny Arlandis

Bibliographie

« LES MURS INVISIBLES  FEMMES, GENRE  ET GÉOGRAPHIE SOCIALE » de Guy Di Méo (Armand Colin, 2011). »GENRE, VIOLENCES ET ESPACES PUBLICS. LA VULNÉRABILITÉ DES FEMMES EN QUESTION » »L’USAGE DE LA VILLE PAR LE GENRE : LES FEMMES »

commandé en 2011 par la communauté urbaine de Bordeaux : http://www.aurba.org