Un musée retrace l’histoire des droits de l’homme (et de la femme) à Osaka


Aujourd’hui on va sortir un peu des sentiers battus pour parler d’un musée qui n’est sans doute pas en haut de votre liste de visites à Osaka: le Osaka Human Rights Museum aussi appelé Liberty Osaka.

Il se situe dans le district de Naniwa dans le sud de Osaka.

Avant la restauration de Meiji le Japon était organisé selon un système de castes avec des paria,  les eta (穢多,  littéralement « pleins de souillures ») et les hinin (非人, hinin?, « non-humains »).

On trouve dès l’époque féodale avec les burakumin une communauté de personnes mises à l’écart de la société et condamnées à le demeurer par l’effet d’une ségrégation sociale et spatiale. Les Hinin désignaient les marginaux tels qu’on les trouvaient aussi en Europe: les gens du spectacle, les saltimbanques, les condamnés et les pauvres issus de la population « ordinaire » qui étaient réduits à mendier et à occuper les emplois « sales » : s’occuper des prisonniers, ou devenir bourreaux, croque-morts ou espions. (En France si on ne doit pas poser le pain à l’envers sur la table c’est parceque c’est ainsi qu’on reconnaissait le pain traditionnellement gardé pour le bourreau)

Les Eta étaient eux des parias héréditaires, en cela similaires aux intouchables indiens, qui avaient le monopole des métiers liés au sang et à la mort des animaux : équarrisseur, boucher, tanneur, abatteur d’animaux.

Selon Jean-François Sabouret, la discrimination des burakumin est « presque aussi ancienne que l’histoire du Japon et de ses croyances locales ». La religion nationale, le shinto, considère comme souillées toutes les activités liées au sang et à la mort. Par ailleurs, le bouddhisme venu d’Inde par la Chine proscrit la mort des animaux considérés comme des êtres sensibles. Si les activités liées à la vie, à la mort et au sacré relevaient initialement du monopole religieux, les burakumin ont été progressivement chargés des occupations liées à la mort et au souillé, et identifiés à ces professions « impures » mais indispensables.  (merci à wikipedia pour la def)

 Le musée qui a ouvert en 1985 est plus tard renommé Osaka Jinken Hakubutsu-kan (Human Rights Museum). Il retrace non seulement les différentes façons de traiter les burakumin et plus tard les Chinois, les Coréens mais également les femmes puisque l’on avait quand je l’ai visité une pierre levée marquant l’interdiction faite aux femmes d’aller sur certains sentiers de pélerinage dans la montagne. En fait certaines montagnes étaient totalement interdites aux femmes, ce dont je n’avais jamais entendu parler.  Au 20e siècle le musée évoque également les droits des handicapés ou des malades du sida au Japon, des victimes de Minamata et des personnes âgées sans domicile fixe.

Tout est écrit en japonais mais il y a aussi un peu de documentation en anglais et des audio guides en japonais et en anglais.

Il est ouvert de  10:00 – 17:00 p.m. Dernière entréeà 16:30 p.m. Fermé le lundi, ainsi que le 4ème vendredi du mois et le jour de l’an.

Les stations les plus proches sont Ashiharabashi and Imamiya (Osaka Loop Line).

Entrée: 250 yen (500 yen pour les expositions temporaires ), 150 yen pour les lycéens,(300yen). Gratuit pour les personnes handicapées et les plus de 65 ans.

Ici: http://www.rue89.com/2011/04/18/fukushima-cherche-petites-mains-du-nucleaire-200413

un article dans lequel on peut lire que les burakumin subiraient encore des discriminations à l’embauche ce qui les conduirait à accepter des tâches plus dangereuses comme… a Fukushima !!!

Question de vocabulaire:

Bizzarement, j’ai toujours dit et entendu bunrakumin et pas burakumin et je trouve les deux sur internet donc si vous avez des lumières sur la question je suis preneuse.

2 réflexions sur « Un musée retrace l’histoire des droits de l’homme (et de la femme) à Osaka »

  1. Très intéressant, cet article… J’avais entendu parler des burakumins mais jamais des sous-catégories « eta » et « hinin ». Il faut que j’aille faire un tour dans ce musée! Pour répondre à ta question, je pense qu’il faut bien dire « burakumin » (部落民). A ma connaissance, le bunraku (文楽) est une sorte de spectacle de marionnettes japonaises.

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  2. Oui c’est sans doute le lien que je fais inconsciemment ! On découvre pas mal de choses dans ce musée et c’est un côté de la culture japonaise dont on n’a pas toujours conscience donc c’est assez intéressant.

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